La blockchain s’inscrit dans la révolution industrielle que nous traversons et trois épisodes majeurs ont précédé son introduction.

  • En premier lieu : La naissance du Web. En 1989, le web fait son apparition et entraine dans son sillage un nouveau paradigme : se renseigner, acheter, communiquer avec n’importe qui, n’importe quand d’un bout à l’autre de la terre et de manière instantanée !

Dans les années qui ont suivi, le web a permis de proposer de nouveaux modèles d’interactions dont le maître mot est la décentralisation.

  • Puis, quelques années plus tard, en 1995, on voit soudainement apparaître dans la rubrique des objets trouvés du New York Times les étranges caractères suivants :

Source : Ittai Abraham / Twitter 

 

À cette époque, les chercheurs américains Stuart Haber et W. Scott Stornetta ont décrit de manière originale les principes de la blockchain. Leur ambition était la suivante : protéger la propriété intellectuelle et industrielle (brevets) dans un monde moderne.

Ils ont alors crypté les documents de leurs clients et les ont rendus indiscutables et inaltérables par le fait de publier ces fameuses images cryptographiques dans un «registre » daté et distribué quotidiennement  à des millions d’abonnés (1 274 700 abonnés en 2014). Le concept de blockchain était né. Par cette ingénieuse manœuvre, qui a toujours cours aujourd’hui, ils ont permis d’authentifier, dater et certifier des documents sans l’intervention d’organe central ayant jusqu’alors « autorité » à le faire.

  • Enfin, impossible d’évoquer la blockchain sans mentionner ce dernier épisode majeur que fut, en 2008, la publication du livre blanc de Satoshi Nakamoto. Cet ouvrage précéda l’introduction du bitcoin et la naissance du premier système de paiement électronique de pair-à-pair décentralisé

Référons-nous à ce fameux livre blanc : en 2008, le web a bientôt 20 ans et le commerce mondial s’est digitalisé au travers du e-commerce. Cependant chaque transaction marchande repose presque exclusivement sur les institutions financières qui assurent un rôle de tiers, synonyme de confiance et de médiation. En effet la possibilité de fraude est considérée comme inévitable et cela engendre des coûts et des incertitudes qui peuvent être évités dans le « commerce traditionnel » (présence physique lors de la transaction et monnaie fiduciaire). Cependant, aucun mécanisme n’existe jusqu’alors pour faire des paiements à travers un canal de communication sans un tiers de confiance. C’est ce défi qu’a relevé le bitcoin en 2008.

Ces trois épisodes ont fait naitre une technologie qui permet de réaliser, de valider de sécuriser et de préserver des transactions, de pair-à pair, en s’appuyant sur un réseau d’ordinateurs.

« Cette innovation a un caractère révolutionnaire car elle bouleverse un principe de confiance qui dans toute l’histoire de l’humanité a été incarnée par des individus, des institutions qui en assuraient le rôle de manière centralisée. Grace à la blockchain il devient possible de s’y substituer grâce une technologie informatique distribuée. »

 

Un principe nouveau dans un monde ancien.

 

Pour illustrer ce principe, prenons un exemple simple :

Marianne veut vendre sa voiture. 🚗

Elle peut désormais publier une annonce sur un site de particulier à particulier, ou bien se rapprocher d’un concessionnaire.

Dans un cas comme dans l’autre, espérons que Marianne ait gardé l’ensemble de ses factures d’entretien car Samuel a besoin d’avoir confiance dans le fait que le bien qu’il envisage d’acheter réponde à certains critères de qualité.

Imaginons maintenant un monde de blockchain :

  • Le constructeur aura publié sur une blockchain un certain nombre de transactions, depuis le lancement de la fabrication jusqu’à sa mise sur le marché. (Brevets, pièces, origine, assemblage…)
  • Une fois mis sur le marché, le véhicule sera pris en charge par un concessionnaire, et une transaction sera à nouveau inscrite sur la blockchain
  • La remise des clés du véhicule pourra déclencher la transaction de paiement, de transfert de propriété, d’immatriculation, d’assurance…

Pouvez vous voir se dessiner cette logique d’immédiateté entre « action & information »… qui elle-même déclenche l’action ? (logique de Smart Contract dont on parlera dans un prochain article)

  • Ensuite, Marianne utilisera son véhicule, il s’usera et nécessitera des entretiens… ces derniers pourront être consignés sur une blockchain par chacun des garagistes réalisant ces interventions. L’électronique embarquée dans son véhicule pourra également certifier le kilométrage du bien.

Le pedigree complet du véhicule pourra être consultable – il sera certifié par chacune des transactions qui l’on concerné depuis le début de fabrication….

Par consultation de la Blockchain, Samuel pourra en faire l’acquisition en toute confiance, et une nouvelle transaction de vente du bien pourra ainsi être inscrite.

Bien sûr, ceci est un exemple tout à fait fantaisiste. Il illustre un principe nouveau dans un monde ancien et il est fort peu probable que les transactions automobiles se dérouleront un jour de la sorte – d’ailleurs, nous n’aurons certainement plus de voitures ! 😉

Cependant, j’espère par ce biais poser les briques d’un principe qui illustre mon point de vue suivant : cette technologie va changer la donne en bouleversant les rapports de confiance et les échanges.

 

Source : it.cointelegraph.com

 

Toujours plus de valeur.

 

Ici, Samuel n’a – par défaut – pas confiance en Marianne. Je ne pense pas me tromper en disant qu’il aura certainement davantage confiance dans les dizaines, voire des centaines de transactions qui auront été publiées sur une blockchain.

Davantage de confiance dans une technologie que dans l’homme ? 🤨

Ce n’est pas ici mon propos : toutes ces transactions seront le fruit de multiples interlocuteurs, chacun apportant unitairement de la valeur au bien de Marianne et globalement encore plus de valeur !

Ensuite, j’ose imaginer qu’une fois la confiance établie dans la relation, ce qu’il restera entre Samuel et Marianne c’est ce dans quoi l’homme excelle : nouer des relations, partager, faire du commerce… ce qu’une machine ne sait pas faire ! 🤖

Vous l’aurez compris, cette technologie m’enthousiasme et évoque selon moi la promesse d’un bel avenir. Cet article est une introduction sur le sujet, que je développerai prochainement sous l’angle des défis auquel peut répondre la blockchain aujourd’hui.