Atecna interviewe Maxime Gonzalez, Lead Developer et expert en modernisation de systèmes chez Atecna.


Maxime a récemment mis en œuvre une méthodologie audacieuse, intégrant l’Intelligence Artificielle dans le développement pour repenser la modernisation des systèmes legacy.Le terme « legacy » résonne souvent comme un fardeau, un obstacle majeur à l’innovation et une source de complexité infinie pour les équipes de développement. Face à des architectures logicielles datant de plusieurs décennies, l’idée de moderniser des bases de code massives peut sembler, à juste titre, insurmontable. Pourtant, des stratégies de modernisation legacy novatrices émergent, transformant cette contrainte en une véritable opportunité de croissance et d’efficacité.


L’équipe Atecna: Maxime, le « legacy » est un mot qui résonne souvent avec appréhension dans le monde du développement. Comment décririez-vous ce défi et quelle a été votre première réaction lorsque vous avez été confronté à la modernisation d’une base AngularJS vieille de plus de 10 ans ?

Maxime Gonzalez : Le legacy, ce n’est pas juste un mot qui fait peur ; c’est un monstre à mille têtes. C’est un enchevêtrement de décisions oubliées, de patchs appliqués par des développeurs partis depuis longtemps, et de règles métiers que plus personne n’ose remettre en question. Quand on tombe sur une base AngularJS de plus de 10 ans à moderniser, la première réaction est souvent de respirer un bon coup… et de se préparer à une tâche colossale !

Mais cette fois-ci, l’approche a été différente : j’ai décidé d’ouvrir mon IA. Pas pour faire du « vibe coding » ou générer une application météo, mais pour comprendre. Rapidement. Mieux. Et transformer ce foutoir en quelque chose de propre, scalable, et surtout, maintenable, grâce à l’IA pour développeurs legacy.


L’onboarding sur un projet legacy est traditionnellement une phase longue et fastidieuse, pouvant durer des semaines. Comment l’Intelligence Artificielle a-t-elle concrètement transformé cette phase d’intégration pour vous et votre équipe ?

M.G. : Avant, on passait des semaines à lire du code en boucle, à tracer les appels dans son coin, à tenter de reconstituer mentalement l’architecture. Là, nous avons balancé l’intégralité de la base de code dans des outils dopés à l’IA. Ces outils nous ont permis une visualisation des dépendances, un mapping des modules et une compréhension des couches métiers bien plus rapide et exhaustive. En 48 heures, nous avions une vue d’ensemble fiable, presque comme si quelqu’un qui connaissait intimement le projet nous avait tout résumé en un temps record. C’était un onboarding sous stéroïdes, clairement. L’accélération de l’onboarding projet legacy est l’un des premiers bénéfices tangibles.


Au-delà de l’onboarding, la clarification fonctionnelle et l’audit qualité de code sont des étapes critiques. L’IA peut-elle vraiment apporter une valeur ajoutée sur des aspects aussi nuancés que les règles métiers et la détection d’incohérences dans un système legacy ?

M.G. : Absolument. L’IA a été un atout majeur pour réaliser un audit de code avec Intelligence Artificielle en profondeur. Elle nous a non seulement pointé des incohérences que nous n’aurions vues qu’au bout de trois relectures manuelles, mais elle a aussi joué un rôle crucial dans la formalisation des règles métiers. Elle a aidé à les extraire du code, à les rédiger clairement pour les Product Owners, les clients, et les nouveaux développeurs. C’est le genre de documentation fonctionnelle détaillée que l’on rêve tous d’avoir sur un projet, mais que l’on ne prend jamais le temps d’écrire. L’IA a rendu cela possible, transformant la gestion de projet legacy.


La migration technique, comme celle d’AngularJS vers Angular 16, est un chantier colossal. L’IA agit-elle ici comme une « baguette magique » pour cette transformation digitale, ou son rôle est-il plus nuancé lors de la refonte composant par composant ?

M.G. : Non, il n’y a pas de baguette magique, et il est crucial de ne pas le croire. L’IA ne code pas le projet à votre place. Son rôle est d’être une assistante très performante. Elle nous a aidés à traduire composant par composant, en respectant les patterns modernes d’Angular. Elle était là pour indiquer les pièges potentiels, proposer des refactors optimaux, et vérifier la cohérence de l’ensemble. C’est toujours le développeur qui est aux commandes, qui prend les décisions architecturales et implémente le code, mais il n’est plus seul dans la pièce ; il est accompagné d’une entité qui booste sa vision, sa vitesse et sa précision. C’est le véritable exo-squelette mental du développeur.


Cela nous amène à la question de l’autonomie de l’IA. Quel est, selon vous, le principal piège à éviter lorsque l’on utilise l’Intelligence Artificielle dans un projet de modernisation, et quelle est la philosophie à adopter pour en tirer le meilleur parti ?

M.G. : L’erreur fondamentale à éviter est de croire que l’IA va faire le taf à votre place. Elle ne « code » pas au sens créatif du terme. Elle ne comprend pas l’intention profonde de votre projet mieux que vous. Sa puissance réside dans sa capacité à vous rendre plus rapide, plus lucide, plus carré. Elle analyse, identifie des schémas, propose des optimisations basées sur des millions de lignes de code analysées. L’IA n’est pas le pilote, mais un copilote exceptionnel.

Elle ne comprend pas votre projet mieux que vous, mais elle vous aide à mieux le voir, à détecter des problématiques que l’œil humain ou la capacité de concentration ne permettraient pas d’identifier aussi rapidement. C’est une aide précieuse pour l’efficacité du développement.


Pour conclure, pourriez-vous nous donner des exemples concrets des résultats obtenus grâce à cette approche assistée par l’IA dans la modernisation de ce projet legacy ?

M.G. : Les résultats ont été très tangibles et significatifs pour cette modernisation legacy avec IA. On a constaté un temps d’onboarding divisé par trois, ce qui est énorme sur des projets de cette envergure. La migration d’AngularJS vers Angular 16 s’est faite sans régression majeure, une prouesse notable pour une telle complexité. Et puis, on a enfin une documentation projet qui vit, claire et à jour, ce qui est un rêve pour toute équipe. Et surtout, la relation client est devenue encore plus fluide, car les règles métiers sont désormais visibles et formalisées, ce qui évite de nombreuses incompréhensions et améliore la gestion de la dette technique.

En somme, l’IA, ce n’est pas un jouet pour générer des blagues ou faire des mockups flashy. C’est un véritable exo-squelette mental. Vous restez aux commandes, mais elle amplifie votre vision, votre vitesse et votre précision, transformant radicalement notre approche des défis les plus ardus du développement.


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